• Yvane LE DOT

Et si on osait réclamer la considération!


La semaine dernière une de mes amies m’a confié une situation difficile qu’elle a vécue dans son environnement professionnel. Je vous partage aujourd’hui son histoire qui, je l’espère, sera autant source de remise en question pour vous qu’elle ne l’a été pour moi.

Isabelle a été reçue par les ressources humaines. On lui a annoncé que, dans le cadre d'un licenciement collectif, son poste était aboli et qu’elle était transférée sur un autre emploi dès le lendemain. Vous me direz, elle est chanceuse ! Mais cela n’a pas été son ressenti, loin delà, puisqu’on lui a juste imposé la situation en lui expliquant que si elle n’acceptait pas, elle pouvait tout simplement démissionner. Voici un extrait du courriel qu’elle a transmis aux RH.

« Je devrais surement à vos yeux être satisfaite, cependant l'absence de considération me laisse un goût très amer. J'aurais souhaité être considérée avec plus d’humanité et de respect et que vous me fassiez une proposition plutôt que de me voir imposer un transfert sans me laisser de choix.

Je souhaite me lever chaque matin pour donner le meilleur de moi-même et contribuer pleinement au redressement de notre entreprise. Pour cela, il est indispensable que nous partagions les mêmes valeurs. »

Ce courrier est remonté jusqu’au CEO de l'entreprise et Isabelle a reçu des excuses dès lendemain, à ma grande surprise.

On vit actuellement dans un contexte où la constance est le changement, où les coupures de postes se succèdent bien souvent les unes aux autres dans les entreprises. Le rapport de loyauté employé-employeur a été mis à mal ces dernières décennies. On évolue dans une réalité où les employés n’ont plus confiance en leur employeur car la dimension humaine, la considération semble de moins en moins faire partie de l’adéquation des rapports professionnels.

Moins d’1 tiers des salariés en France disent avoir confiance en leur entreprise dans la gestion des talents.

Effectivement, pourquoi s’engager corps et âmes pour un employeur alors que du jour au lendemain on peut être mis à pied et géré comme une commodité? La récurrence de ces situations, au delà d’avoir effrité le niveau d'engagement, a également banalisé une dureté dans les rapports professionnels où la considération et l’humanité sont trop souvent bafouées. Combien de fois, entend-on dans les couloirs « c’est comme çà » ...on peut comprendre un licenciement collectif, mais doit-on tout accepter?

Au delà de révéler que les ressources humaines devraient bien souvent davantage endosser leur rôle d’influence et d'agent de changement pour faire vivre le H de leur fonction, cette histoire amène notre devoir de responsabilisation à un tout autre niveau. Il est essentiel d'assurer une gestion continue de sa carrière afin de la sécuriser, mais il est aussi de notre responsabilité de ramener la dimension humaine dans nos rapports professionnels, et ce même dans des contextes critiques.

Cette histoire met aussi à jour le fait que nous sommes tous responsables, nous avons tous un rôle à jouer pour changer les choses. Que l’on soit RH, manager, employé, il est de notre responsabilité de rappeler l’importance d’intégrer la considération dans nos rapports professionnels et parfois même d’oser la réclamer.

Qu’en pensez-vous?

Yvane

PS: merci de m'aider à faire vivre cette histoire au delà de mon réseau en le partageant :) nous avons tous un rôle à jouer...

Yvane LE DOT - Coach professionnelle ICF - yvane@ledot.ca 🇫🇷 06 01 31 10 99 

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